Histoire du café Guatemala

 

Le café… originaire d’Ethiopie, a tout d’abord joui d’une ample diffusion en Arabie, où on le connaissait sous le nom de quahwah, puis en Turquie  où il s’appelait kahueh. Il est arrivé en Europe au XVIe siècle où on l’appela café


En volume, le café est le produit le plus commercialisé dans le monde après le pétrole. Il est cultivé dans les quatre continents, entre les Tropiques du Cancer et du Capricorne.  L’Amérique Latine produit 2 fois plus de café que le reste du monde. Sept pays basent en fait leur économie sur le café. Parmi eux, le Guatemala où il fut introduit vers 1750 par les membres de la compagnie de Jésus,  en provenance de Cuba. Il était principalement utilisé comme plante ornementale.


Ce n’est qu’entre 1845 et 1854 que le café fut reconnu comme une culture capable de combattre la pauvreté et ensuite développée pour être mise en pratique par de nombreux agriculteurs. Les résultats ne se laissèrent pas attendre et la réussite fut totale, à tel point qu’en 1866, de grands territoires du pays, abandonnés jusqu’alors, furent consacrés à cette culture. En 1871, le gouvernement libéral créa une législation qui facilita l’acquisition de terres en friche et de terrains appartenant aux communes ou aux corporations religieuses afin de promouvoir la propriété privée et l’agriculture commerciale. Ainsi naissaient les latifundium (grande propriété agricole).


Les migrations furent alors favorisées dans le but d’attirer des capitaux étrangers, des technologies nouvelles, et susciter des idées et un esprit d’entreprise. Le pays devait faire un saut vers le modernisme. Beaucoup d’émigrants européens ne connaissaient pas la capitale du pays et ne parlaient pas l’espagnol; ils voyageaient de leurs plantations directement vers leur pays d’origine qu’ils considéraient comme leur vraie patrie.


Avec le temps, les besoins en production grandissaient et il fallait de plus en plus de terres. Ceci provoqua une aliénation des cultures appartenant aux indiens Mayas depuis des temps immémoriaux. De même, il fut nécessaire d’obtenir un maximum de main d’œuvre, la moins chère possible, afin d’assurer la compétitivité sur le marché international du café.


Pour les agriculteurs paysans, indiens en majorité, il n’était pas pensable de travailler dans les grandes plantations des étrangers. La difficulté principale était que ces terres ne leur appartenaient pas ou plus et qu’ils étaient exploités. De plus, leur manière d’interpréter et de concevoir l’univers dans son ensemble sacralisait la terre sur laquelle ils vivaient ; ceci est tout à fait inconciliable avec l’esprit de production capitaliste des marchés internationaux.


C’est ainsi que fut instauré le travail obligatoire.  Les chefs politiques devaient assurer le nombre de travailleurs nécessaires pour la production ; ceux-ci  devaient montrer un carnet prouvant l’accomplissement d’un contrat de travail d’au moins trois mois par an dans un latifundium, sans quoi ils pouvaient être condamnés aux travaux forcés, consistant généralement à concasser des pierres pour la construction de routes.  Le Guatemala devint l’endroit où se développaient les technologies de pointe pour la production et le traitement du café.  Ainsi, le café instantané est une création guatémaltèque.


Ce n’est qu’à partir de 1944 que les choses ont commencé à changer. La révolution populaire de 1944  a mis fin au mandat du redoutable dictateur Jorge Ubico. A ce moment fut mis en place un gouvernement progressiste apportant de nombreux bénéfices pour les secteurs populaires.  En 1949 apparaissent les premières coopératives, en 50 est promulgué le décret 900 prévoyant une très modeste réforme agraire ; à partir de là, le pays commencera une production croissante aux mains de petits agriculteurs paysans.


Le café fut introduit dans la Région Chorti aux alentours des années 1980, grâce à l’association nationale du café. Avant son introduction, les Chortis, énigmatique ethnie d’origine maya, n’exerçaient aucune activité capable de les faire sortir de la misère.